lundi 29 juin 2009

543. DONOVAN : Sutras

* * * * *
american recordings (label de Rick Rubin) - 1996
site officiel
énième album sur beaucoup (21 albums studio en tout ?)
produit par Rick Rubin
usa

Donovan. Le flower-power. La drogue. Les guitares folks, les tablas et le psychédélisme. La guerre du Vietnam. Le cliché, quoi.
Une carrière exemplaire jusqu'au début des années 70 et un joli trio d'albums indispensables (Sunshine Superman, Yellow Mellow et The Hurdy Gurdy Man). Puis vinrent des genres qui démodèrent progressivement les hippies. Donovan, quoique continuant à sortir régulièrement des disques, disparut un peu beaucoup de la circulation. Jusqu'à la renaissance Sutras après plus de dix ans d'absence.
Ce disque intemporel est une merveille de sobriété. Le pouls bat presque toujours au ralenti. Les arrangements sont minimaux et mettent en valeur la voix et les compositions de Donovan.
Pas grand chose à dire sur l'homme cependant. Une question de génération. La vision que je peux avoir de Donovan et de sa carrière c'est plus la vision fantasmée d'une époque de l'histoire de la musique et de l'Histoire tout court.
Je suis donc trop mal placé pour en parler. Je laisserai le soin à de plus anciens que moi de s'exprimer sur le sujet...


PS : Sinon, ça n'a rien à voir mais Boby Lapointe est mort depuis 37 ans aujourd'hui. Et puisqu'en ce moment c'est Wimbledon, ce calembour offert d'icelui :

"Et c'est ainsi que le cheval
Devint le manager du champion de tennis
Car il poussait un grand tennisman."

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indice pour la suite

question de rapidité du jour (1 pt)
: quel rapport entre ce disque et le nôtre quotidien ?

jeudi 25 juin 2009

542. DONNA REGINA : A Quiet Week In The House

* * *
karaoke kalk - 1999
myspace
2ème album sur 6
allemagne

Ne te vexe pas, Regina, mais moi, les groupes avec des chanteuses, ça m'a jamais vraiment touché. Ce doit être une question d'identification. Tu vois, je vibre plus en écoutant Jeff Buckley, Neil Hannon, Ed Harcourt ou John Grant qu'en écoutant Tori Amos, Regina Spektor ou Debbie Harry. Les seules chanteuses à qui il m'arrive parfois de m'identifier ce sont Fiona Apple et Rufus Wainwright. Je ne culpabilise pas, hein, rassure-toi. Puisque je constate que très souvent, les filles fans de musique écoutent beaucoup d'artistes féminines. Je me dis donc que c'est dans l'ordre des choses. Je ne dis pas non plus que les mecs fans des Supremes sont des tarlouzes, attention ! Ne me fais pas écrire ce que je n'écris pas.
Bon, donc, ton album, je le kiffe moyen. Il est bien produit mais il date de 1999. Tu vois le problème. Bah oué, en pleine période trip-hop. Ou plutôt, à la fin du trip-hop et au début de la mode electronica. Juste après que je m'y sois intéressé et juste juste avant que ça me sorte par les trous de nez. Pas de bol. Ras-le-bol de ces chanteuses minaudant sur fond de rythmes lancinants et de glouglous computérisés. Du coup, tu prends pour les autres. Pourtant ton disque n'est pas pourri.
Et puis, il faut que je te dise aussi que les minettes, même quand elles chantent pas, elles commencent à me les briser menues. Dire que quand on avait vingt ans on se disait que la femme, nom de diou, c'était un beau mystère. On flippait quand on vous voyait débarquer toute carrosserie dehors. Vous étiez belles, inaccessibles, intouchables.
Maintenant, on me la fait plus. J'ai bien compris vingt ans plus tard que le mystère qu'on voyait en vous c'était uniquement le mystère qu'on voulait bien y mettre. On vous idéalisait tellement qu'on refusait de voir la vérité. Il n'y a en fait pas plus de mystère en une femme que de Père Noël au Pôle Nord. On pensait que vous dissimuliez des trésors de sensibilité, des montagnes de compassion et de la tendresse à revendre. Mais non. En fait vous êtiez simplement humaines. Donc très laides tout au fond. Et aussi viles que les mecs. En plus manipulatrices et intéressées quand même, je ne vous retire pas ce mérite.
Alors, vous entendre chantonner comme des vierges effarouchées à longueur de temps, ça le fait plus. D'ailleurs, vous m'avez tellement dégoûté que je me surprends parfois à ne pas vouloir écouter un groupe tout simplement parce que je sais que j'y entendrai une chanteuse. Ah, vous pouvez être fières !
Bon, donc, Regina, je n'ai rien de personnel contre toi, mais là, ton album, t'auras compris, c'était pas vraiment le moment de me le remettre sous le nez... Maintenant, dégage, tu dois avoir une soirée-filles de prévue ce soir, non ?


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question de rapidité du jour (2 pts)
: quel rapport entre cette image et le groupe du jour ? --> bonne réponse de Daniel

dimanche 21 juin 2009

541. DON'T BE A STRANGER : Frutti Di Mare

* * * * 1/2
cheap lullaby - 2007
site officiel et myspace
1er album
écoutable en intégralité sur le site du label
suède

"don't be a stranger" :
usually used as a farewell, inviting one to visit again or communicate more often

10 jours d'absence, vous l'aurez noté. Dus à la surcharge d'activités au boulot comme c'est la cas chaque mois de juin. Il faut finaliser tous les projets de l'année. Sortie scolaire, expo, kermesse, bouclage des cahiers de travail. Il faut être au four et au moulin. Jamais le temps d'écouter quelque musique que ce soit. Rajoutons-y cette année le mariage d'une frangine et une rage de dents d'une semaine (toujours en cours). Mois de juin chaud comme la braise, donc.

Don't Be A Stranger est un groupe suédois sur lequel il est difficile de trouver des infos. Leur biograffi sur le net est en suédois. Heureusement, en ce bas monde il y a des blogueurs. Je vous renvoie donc à l'interview du groupe par l'excellent AbsolutNoise.

Ce sera tout pour aujourd'hui. Il y avait pourtant de quoi faire des posts intelligents aujourd'hui. Entre la Fête de la Musique et la Fête des Pères... Mais le cratère dans ma gencive me pose de petits problèmes de concentration.
Vous n'attendrez pas dix jours pour lire la suite. "Don't be a stranger !!"



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question de rapidité du jour (1 pt)
: quel rapport entre cet individu et le groupe du jour ? --> bonne réponse de Mariaque

lundi 8 juin 2009

540. DON NINO : Real Seasons Make Reasons

* * * 1/2
prohibited records - 2001
site officiel et myspace
1er album sur 3
france

Etre fan de musique, ça n'a pas que des aspects positifs. Surtout si on aime des artistes qu'on est le seul à connaître à plusieurs kilomètres à la ronde... Difficile de partager sa passion au quotidien. On tente bien de temps à autre de partager notre enthousiasme pour une chanson d'un groupe danois de post-punk mais, au boulot, il y a toujours un téléphone qui sonne au moment où on aimerait dire "t'entends ça, c'est fascinant, non, cette façon qu'il a de se détruire méthodiquement les cordes vocales ?". En famille il y a toujours le petit dernier qui veut son goûter à l'instant même où il faudrait entendre un pont dément de trois secondes dans une chanson de huit minutes. C'est pour ça qu'il y a tant d'audio-blogueurs. On n'est pas forcément plus écouté mais au moins on tape notre petite bafouille sans être interrompu par une sonnerie intempestive ou un chiard affamé.

Et puis, parfois, nos proches se souviennent qu'on a tout de même une forme d'expertise en la matière. Que tant d'années de radio et de "bloguat", ça peut vouloir dire qu'on en connaît un rayon question musique. Et là, donc, il peut arriver que la famille ou les collègues reconnaissent que notre singularité peut après tout s'avérer utile à quelque chose. Et l'on nous sollicite.
L'instant est quasi-magique. Nous voilà tout auréolés d'une importance nouvelle. Et bien entendu, nous sommes prêts à tout pour prouver que nous sommes bien à la hauteur de cette réputation qu'on aimerait avoir. Quitte à se prostituer un peu et à abandonner en cours de route l'impeccable crédibilité indé que nous avons patiemment bâtie.

Or donc, en ce qui me concerne, à l'école, je suis par exemple chargé deux fois l'an de l'animation musicale de nos fêtes d'école. Et là ce sont mes talents techniques de DJ qui sont requis. Stéphane (oui, c'est moi, hi hi) sait mettre des disques dans une platine, programmer la bonne piste et faire en sorte que les morceaux démarrent en appuyant sur la touche "play". Deux fois par an, je démontre toute mon expertise dans ce domaine. Et je force l'admiration de mes collègues, toutes féminines, qui ne m'ont cependant encore jamais demandé mon numéro de téléphone, même après un set particulièrement chiadé techniquement. Je passe sous silence le fait que les disques que j'enchaîne aussi impeccablement sont tous les derniers tubes que connaissent des enfants de quatre et cinq ans, parmi lesquels j'arrive parfois à glisser un Mika ou un Outkast.

Or donc, encore, la famille sait aussi se souvenir que je m'y connais un peu.
Ma soeur se marie la semaine prochaine. Et à qui croyez-vous qu'elle a demandé d'animer musicalement la soirée ? Hé hé... Et croyez-moi, je n'étais pas peu fier qu'elle me confie une tâche de cette importance. Dès que j'ai appris la nouvelle, j'ai commencé à concocter des compils pas piquées des hannetons pour faire danser les invités jusqu'au bout de la nuit. Les Ting Tings y côtoient les Stranglers, The Raveonettes y guinchent avec Taxi Girl et Goldfrapp y fait de l'oeil à Arctic Monkeys ou Late Of The Pier. Entre autres. Je vous prie de croire que ça dépote et qu'il y aura plus d'un soulier verni usé sur le dance-floor samedi prochain.
Enfin... c'est ce que je croyais en tout cas. Car hier, avec soeurette, nous fîmes le point. Et elle me mit au parfum sur l'ambiance qu'elle souhaitait pour ses copines, leurs maris et toutes sortes d'autres invités. Du coup, je me retrouve à trier le bon grain de l'ivraie dans des compils années 80 et des méga-funk 4CD pour reconnaître le terrain le plus efficacement possible. Et samedi, Stéphane, l'expert, saura encore parfaitement mettre un CD dans le lecteur, sélectionner la bonne plage...

Qu'est-ce qu'on f'rait pas pour correspondre à l'idée que se font de nous les gens qu'on aime et pour contribuer à leur offrir une jolie fête.. hein ?



PS : Et qu'est-ce qu'on f'rait pas non plus pour échapper à l'écriture d'une chronique sur un album de post-folk, aussi français et bon soit-il ?


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indice pour la suite

question de rapidité du jour (1 pt)
: quel point commun entre les disques 539 et 540 de cette collection ? --> bonne réponse de Hobnobs

vendredi 5 juin 2009

CONTINUOUS SONGS : Une Psychanalyse en Trente Chansons

1. Put your music player on shuffle.
2. For each question, press the next button (ONLY ONCE!!!) to get your answer.
3. YOU MUST WRITE THAT SONG NAME DOWN NO MATTER HOW SILLY IT SOUNDS - even if it is incredibly embarrassing.
4. Tag 15 friends who might enjoy doing the same as well as the person you got the note from.

Vu ici, repris illico.

1/ If Someone Says "Is This Okay", you say...
-->
Djurumani : Grito Magoada
("cri blessé" en portugais : réponse éloquente)

2/ What Would Best Describe Your Personality ?
--> The Lodger : Honey
(oui, je suis tout miel...)

3/ What Do You Look For In a Guy/Girl ?
--> Maximilian Hecker : White
(oups ! ça fait pas un peu raciste, ça ?)

4/ How Do You Feel Today ?
--> Joe Dassin : Ca M'Avance à Quoi ?
(à rien mais le jeu est rigolo)

5/ What Is Your Life's Purpose ?
--> The Thrills : There's Joy To Be Found
(je n'aurais pas trouvé meilleure réponse !!!)

6/ What Is Your Motto ?
--> The Thermals : My World
(ouais, bouge de là, connard !)

7/ What Do Your Friends Think Of You ?
--> Piano Magic : Incurable
(est-ce une raison pour ne plus me téléphoner ??)

8/ What Do You Think About Very Often ?
--> Keane : Sunshine
(si j'avais que ça à l'esprit, je serais un homme heureux...)

9/ What is 2+2 ?
--> Biirdie : Untitled
(c'est vrai, quoi, un gosse de quatre peut répondre à ça...)

10/ What Do You Think Of Your Best Friend ?
--> Sam Ashworth : Eleanor
(il y a toujours des histoires de filles entre deux meilleurs amis...)

11/ What Do You Yhink Of The Person You Like ?
--> Beirut : The Gulag Orkestar
(le couple est une prison, je vous dis !)

12/ What Is your Life Story ?
--> I Am Kloot : Coincidence
(pas mieux !)

13/ What Do You Want To Be When You Grow Up ?
--> Queen : I Want It All
(ah shit, ma mégalomanie commence donc à se voir...)

14/ What Do You Think When You See The Person You Like ?
--> The Killers : Bones
(cf question 11 : le tout c'est de se trouver un bon alibi...)

15/ What Do Your Parents Think Of You ?
--> JJ Cale : Cocaine
(meurtrier, drogué... non ,ne partez pas...)

16/ What Will You Dance To At Your Wedding ?
-->The Zombies : This Will Be Our Year
(ben oui, logique...)

17/ What Will They Play At Your Funeral ?
--> Cinerama : Love
(merci, les copains !)

18/ What Is your Hobby/Interest ?
--> Art Brut : Rusted Guns Of Milan
(quoique... les attaquants du Milan AC ne sont pas si rouillés que ça...)

19/ What Do You Think Of Your Friends ?
--> The Velvet Underground : What Goes On ?
(hein ?)

20/ What's The Worst Thing That Could Happen ?
--> Michael Penn : Long Way Down
(ouais, autant que ma chute soit brutale et la plus indolore possible)

21/ How Will You Die ?
--> Serge Gainsbourg : Bonnie & Clyde
(oh la, au fait, faudrait que je songe à nettoyer ma sulfateuse !)

22/ What Is The One Thing You Regret ?
--> The Trashcan Sinatras : Funny
(ah ! ce qu'on a pu se marrer, quand même...)

23/ What Makes You Laugh ?
--> Piers Faccini : Days Like These
(ouais, mieux vaut en rire...)

24/ What Makes You Cry ?
--> Clap Your Hands Say Yeah ! : Love Song N°7
(les bonnes chansons d'amour, ça peut le faire...)

25/ Will You Ever Get Married ?
--> Jérôme Minière : Disque Dur Miniature
(mais... un blogueur est déjà marié.. avec son ordi !)

26/ What Scares You The Most ?
--> Portishead : Deep Water
(c'est pour ça que je fais pipi dans le grand bassin...)

27/ Does Anyone Like You ?
--> Creedence Clearwater Revival : Wrote A Song For Everyone
(ah, vous me faites une belle bande d'hypocrites ! mais bon, je vais faire semblant d'y croire...)

28/ If You Could Go Back In Time, What Would You Change ?
--> The Charade : When Trouble Comes Our Way
(tu m'étonnes, virer tous les moments chiants de sa vie !!!)

29/ What Hurts Right Now ?
--> Sparks : Dot Gain
(si quelqu'un peut m'expliquer celle-là...)

30/ What Will You Post This As ?
--> Figurines : Continuous Songs
(voilà un titre qu'il est bon !)

dimanche 24 mai 2009

Sea, sex, sun and blind-tests

Retour de l'été, retour des compils...

samedi 23 mai 2009

539. JULIE DOIRON : Woke Myself Up

* * * 1/2
jagjaguwar - 2007
site officiel
8ème album sur 9
produit par Rick White
canada

Il faudrait les recenser mais le temps me manque. Mais il faudrait, ça permettrait peut-être de faire un peu le ménage sur son disque dur. Qui ? Mais ces artistes qui vous ont été présentés par des amis, des blogueurs, des journalistes... Ceux que vous connaissiez de nom mais dont la tête, le nom ou la pochette de disque ne vous revenez pas et que vous n'aviez aucune envie d'aller écouter. Et puis comme souvent, vous en avez eu marre d'entendre les mêmes compliments sur un disque que vous n'aviez pas envie d'écouter. Et vous vous êtes dit que vous feriez bien de changer cette sale habitude, que les autres ont de bons goûts, quand même, et que vous devriez vous fier à eux plus souvent. Résultat : vous achetez ou vous téléchargez par exemple un album de Julie Doiron. Bah oui parce qu'après tout, avoir débuté au sein d'Eric's Trip, c'est cool sur un CV. Avoir participé à des albums de Herman Düne, ça le fait aussi. Et puis les pochettes des albums de Julie Doiron sont jolies. Et puis Julie, finalement, c'est un joli prénom.
Mais voilà, cet album vous ne l'écoutez jamais. Et le jour où vous vous forcez à l'écouter parce que c'est son tour de figurer à Tombouctou, ce qui devait arriver arrive : les morceaux se succèdent, vous avez un mal fou à vous concentrer. Vous êtes prêt à écrire que c'est pas nul mais vous vous laisseriez couper un bras plutôt que d'écrire que c'est intéressant.
Du coup, vous vous retrouvez incapable d'analyser quoique ce soit dans la musique de Julie Doiron. Un peu comme les gosses qui vous rétorquent "c'est pas moi qui l'a sorti, ça !" quand vous leur demander de ranger la table basse du salon qui croule sous deux mètres de consommables culturels, vous êtes à deux doigts de rappeler que "moi, je voulais pas au départ".
On devrait plus souvent se fier à ses premières impressions.
Hmm.
Sauf qu'il y a un autre type d'artistes. Ceux que vous refusez de voir évoluer. Chez moi, par exemple, l'archétype de l'artiste qu'on refuse de voir évoluer c'est Bill Callahan.
Au début des années 90 (1993 exactement avec l'album Julius Caesar), je découvrais la musique génial mais insupportable du zig. Je le suivais sur trois ou quatre albums avant de me lasser. Je sais qu'il a bien évolué depuis. Mais je reste sur l'impression que m'ont laissé les albums que je possède et qui transpirent le malheur, la solitude et la désolation sentimentale. J'ai beau savoir que les derniers albums (notamment le dernier, que, je crois, je vais finir par aller écouter malgré tout) sont très bons, je n'arrive pas à me défaire de cette inconsciente certitude qu'un album de Bill Callahan ne m'intéressera plus jamais.
Il ne faut donc pas se fier à ses premières impressions.
Hmm.
Et vous allez me dire que si j'ai l'envie d'aller écouter le dernier Callahan, c'est parce que j'en ai marre d'entendre dire qu'il est très bon. Comme pour Julie Doiron.
Retour au point de départ.

Alors quoi ? Il faudrait arrêter de lire ou écouter les autres passionnés et vivre la musique en autarcie ? Alors qu'on n'envisage la musique qu'en la partageant ? Pas question.
On est donc condamné à vivre la musique en se fadant en partie les goûts des autres... Pour le meilleur et pour le pire... On ne se rend pas assez compte à quel point suivre un blogueur qu'on apprécie ou simplement discuter musique avec un copain, ça ne peut, à moyen terme, que mal finir. On finit toujours par mesurer tout ce qui nous sépare et une défiance s'installe qui nous pousse à prendre nos distances...

Et voilà un post qui n'aura finalement servi à rien d'autre qu'à me déprimer.

Mais pouvait-il en être autrement lorsqu'on se force à écrire sur un artiste qu'on se force à écouter ? Ah vous pouvez être fiers de vous avec votre Julie Doiron, vous voyez dans quel état ça me met ?
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indice pour la suite : en concert à Clermont-Ferrand le 13 mars 2008

question de rapidité du jour (1 pt)
: quel rapport entre cette image et le post du jour ? --> bonne réponse d'Erwan

lundi 18 mai 2009

DOGS : Hier les chiens...

Dans mon dernier post, je jouais au vieux qui ne sais plus voir les jeunes en peinture. Aujourd'hui je me mettrai dans la peau du jeune qui se plaint des vieux...
(Alors... pour ce faire, une petite série de pompes... pour se prouver qu'on a toujours un corps d'athlète... vooooiiiilà... on se contente d'une série de 3 quand même, parce que la journée de travail a été longue... c'est bon, je peux attaquer).

On a tous eu un plus vieux que nous qui nous a répété pendant des années que "ce groupe, je te jure, tu devrais essayer". Et nous lui en voulions de nous le répéter sans arrêt puisque nous n'en avions pas envie, nous, de l'écouter. Même, à force de nous seriner avec son groupe, il a fini par nous en dégoûter et il faudrait nous payer cher, vingt ans plus tard, pour qu'on jette la moindre oreille sur un de leurs disques.


Ce groupe, pour moi, c'est Dogs. Un groupe français de rock en anglais. De Rouen. Formé en 1973, premier album en 1979. Inutile de dire qu'à la même époque, fin 70s/début 80s disons, j'apprenais par coeur les albums de Téléphone, d'Henri Tachan et de la Bande à Basile (qui fut mon premier concert). Dogs était le groupe du vieux. Celui né en 1965 qui construisait des trucs supers avec les Lego Technics et qui regardait la F1 en prenant des notes. Et ce qu'il pouvait sembler déjà croulant du haut de ses seize ou dix-sept ans, à s'enticher de groupes qui chantaient dans une langue que je ne ne comprenais même pas. J'étais pourtant prêt à suivre ses conseils. Le vieux me présenta Killing Joke par exemple. Et Dead Can Dance plus tard. Mais Dogs, rien à faire, je détestais vraiment qu'il m'en parle.
En 2002, Dominique Laboubée est mort. Sur scène. A la Molière. C'est con, quand je l'ai appris j'ai ressenti une pointe de culpabilité. Je ne lui avais jamais laissé sa chance. Mais c'est pas ça qui m'a poussé à la curiosité. Je suis resté cloîtré dans ma certitude que ce groupe n'était pas pour moi.
Du coup, aujourd'hui, lorsque je rencontre le nom de ce groupe au hasard d'un article sur le rock français, il m'arrive de me demander... et moi, j'ai été le vieux de qui ? Et avec quel groupe ai-je pourri sa relation ?
C'est con, hein ?

samedi 16 mai 2009

538. THE DODOS : Visiter

* * * * *
frenchkiss - 2008
myspace et officiel
2ème album
usa (san francisco)


Ce qui est pratique avec les petits sondages de bas de post auxquels vous avez chaque fois l'amabilité de bien vouloir répondren c'est qu'ils permettent de mieux vous connaître. Or au sondage concernant The Do, vous fûtes cinq sur neuf à répondre que leur album A Mouthful était "nul", confirmant ainsi la crainte que j'exprimais implicitement d'avoir affaire à un groupe médiatiquement surexposé et massivement rejeté par les fans de musique indé que vous êtes pour cette seule mauvaise raison.
J'ai bien peur d'avoir le vote inverse aujourd'hui. The Dodos est le prototype même de groupe dont la frange indé s'empare et qu'elle érige en étendard. Le succès de ce groupe n'est pas immérité, entendons-nous bien. Leur album de tribal-folk surfe sur la vague du succès d'Animal Collective en proposant une version moins opiacée de leur musique et propose même quelques morceaux d'anthologie assez bouleversants de justesse. Inutile de dire d'ailleurs qu'un vieillard comme moi qui a les plus grandes difficultés à écouter en intégralité un album des explorateurs New-Yorkais a le sentiment de pouvoir un peu participer à la fête en s'écoutant régulièrement Visiter et peut même encore se donner l'impression qu'il est à la page en sentant ses poils se dresser à l'écoute de chansons comme Jodi, The Season, Fools ou Red and Purple.
Musicalement, la formule est ici des plus sobres. Une guitare acoustique. Une batterie ou des percus qui occupent une place centrale et dans les compos et dans le mixage. On pourrait craindre que le tout finisse par se mordre la queue. Bien au contraire, l'album est un festival d'inventivité. Seule fausse note : un ou deux morceaux un tantinet longuet.
Le duo est réputé explosif et passionnant sur scène. Une raison supplémentaire pour que les fans n'en finissent plus de chanter les louanges de leur nouvelle coqueluche.

Vous aurez donc compris que j'apprécie Visiter. Et que je suis reconnaissant à ses auteurs de me faire passer encore pour un jeune quelque temps. Pourtant, je le crains, vos réponses au sondage sur cet album vont m'agacer. Vous allez être plus d'un à affirmer adorer cet album. Vous aurez raison. Mais j'y verrai une injustice flagrante pour The Do. Et je ne pourrai pas m'empêcher de me demander : si The Dodos étaient utilisés dans une pub pour une assurance-vie et matraqués sur les radios françaises pendant une année entière, combien seriez-vous à les traiter de "nuls" ?
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question de rapidité du jour (1 pt)
: quel rapport entre ceci et l'album du jour ? --> bonne réponse de KillMeSarah

lundi 11 mai 2009

537. THE DO : A Mouthful

* * * * 1/2
wagram - 2008
myspace et officiel
1er album
franco-finlandais


Ecrire aujourd'hui sur le premier album de The Do, c'est enfoncer une porte déjà grand ouverte par de longs mois de matraquage publicitaire par l'intermédiaire des Cahiers Oxford, par une rotation lourde sur les ondes fm (au moins celles spécialisées dans le rock, les autres je ne sais pas) et par une apparition remarquée à la dernière cérémonie des Victoires de la Musique où ils étaient nominés dans trois catégories.
Je ne sais pas si on peut dire que "ça marche" pour The Do, mais le moins qu'on puisse dire est qu'on a entendu leur musique depuis bientôt un an et demi que leur album est sorti (janvier 2008). C'est bien pour eux, certes mais il y a aussi un danger : que The Do devienne (soit devenu ?) le groupe d'un seul morceau (On My Shoulders, la musique de la pub, tu sais...). Ce serait faire une grande injustice à A Mouthful, premier album gorgé d'idées, de rythmes concassées, de vocaux barjots et inventifs, jolie collection de chansons libres et artisanales.
Il ne faudrait pas que les français aiment The Do pour une mauvaise raison.
Ici, on les aime parce que leur album est bon. C'est tout.
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question de rapidité du jour (2 pts)
: quel rapport entre cet homme et notre groupe du jour ? --> bonne réponse de Dragibus

mercredi 6 mai 2009

Une Nouvelle Ere

L'événement est suffisamment important pour que je m'auto-accorde une dérogation vis à vis du sacro-saint fonctionnement alphabétique de ce blog.

Beaucoup le savent déjà, depuis 1989 et ma découverte de Pixies à la sortie de leur Doolittle, je tenais les Bostoniens en si haute estime que j'allais jusqu'à les considérer aveuglément comme le meilleur groupe de rock de la planète. Les années ont passé et, que ce soit par paresse ou par fidélité (c'est la même chose), je n'ai cessé de clamer cet amour immodéré, me muant progressivement en vieux de la vieille tout d'abord, en has-been ensuite pour finir en vieux con passéiste. Le destin immuable de chaque fan de rock, en somme.
Et pour tout dire j'avais fini par m'y faire. On a bel et bien l'âge de ses artères et je suis sûr que vous vous dites en ce moment même, quel que soit le vôtre, et en remplaçant Pixies par votre meilleur groupe du monde à vous, que vous n'échappâtes point à ce phénomène de vieuxconisation (d'autant plus que certains se vieuxconise précocément)...

Il y a déjà presque deux ans, ça n'a pas grand chose à voir mais un peu quand même, je découvrais Lastfm. L'outil idéal pour le fan de musique curieux de mieux se connaître puisque l'outil enregistre toute la musique que vous écoutez sur votre ordinateur et la régurgite sous forme de stats plus improbables et complètes les unes que les autres.
Vous ne serez pas surpris d'apprendre que, depuis deux ans, le groupe qui trône invariablement au sommet de ces heures d'écoute comptabilisées est la bande à Black Francis dont je connais chaque album sur le bout des doigts, sans compter les faces B, les raretés, jusqu'à certains bootlegs que j'ai usé jusqu'à l'os.

Or ce 6 mai 2009 est à marquer d'une pierre blanche car, selon Lastfm, Pixies n'est plus le groupe que j'ai le plus écouté sur mon ordinateur depuis juin 2007.
Révolution !

Et tout de suite une question s'impose. Est-ce que ça signifierait que j'ai changé de meilleur groupe du monde (oui, j'ai des raisonnements qui frôlent parfois l'idiotie) ? Et une réponse fuse : "Pfffft... de toute façon ça veut dire quoi meilleur groupe du monde bla bla bla" et je me rends compte que ça fait bien longtemps que je ne crois plus au meilleur groupe du monde. J'ai passé l'âge !
Or donc, que penser de cette révolution statistique numérico-intime ?
Ceci : que mes nouveaux chouchous sont un groupe absolument parfait à écouter en voiture par exemple. Ou que leur album est le compagnon idéal lorsque, par une belle journée ensoleillée, on se rend à pied au travail. Ou encore que c'est la musique qu'on préfère, et de loin, se caler entre les oreilles à l'heure de faire les poussières, la vaisselle ou de passer l'aspirateur. Que leurs chansons se déroulent sans jamais une faute de goût, sans la moindre baisse de régime mélodique, sans que jamais leur imagination diabolique soit prise en défaut.
Que comme il y avait longtemps que je n'avais pas pris de leurs nouvelles, et considérant la place de choix qu'ils occupaient tout à coup dans ma vie, je m'en suis allé écouté les deux nouvelles chansons qui sont sorties en janvier dernier. Et que ce sont une nouvelle fois des chansons extraordinairement bonnes.
Alors, comme une révolution ça se fête, aujourd'hui A Tombouctou, on s'offre les deux vidéos de ces deux nouvelles chansons du nouveau meilleur groupe d.... de Pete & The Pirates.





mardi 5 mai 2009

536. DNTEL : Dumb Luck

* * 1/2
sub pop - 2007
myspace
3ème album sur 4 (en comptant l'album de remixes)
usa


Je vais être très franc d'emblée. Dntel, c'est l'exemple parfait du groupe qui m'emmerde.
Ceci dit, et parce que je suis bon joueur, que je respecte les règles que je me suis imposées, je ne ferai pas l'impasse sur l'album et j'irai de ma petite analyse de fond sur la musique proposée pendant les 41 minutes que durent ce disque.

Mais avant tout, un petit rappel. Dntel, c'est le groupe d'un homme : James Scott Tamborello. Qu'on appelle Jimmy Tamborello. Et qu'on a bien fait de ne pas appeler Jimmy Scott parce que l'individu en question est loin d'être un chanteur d'exception. Il en a même tellement conscience lui-même que ses disques sont en fait une succession de collaborations. Ici par exemple avec (pour les plus prestigieux) Fog, Lali Puna, Conor Oberst, Jenny Lewis, Grant Olsen (ça c'est pour Indie-Boy) Arthur & Yu ou Grizzly Bear. Rien que ça. L'homme ne sait donc pas chanter mais il recrute un sacrément bon personnel.

Avant de créer Dntel, Tamborello a eu d'autres groupes. Depuis que son père saxophoniste et flûtiste de jazz lui avait offert une boîte à rythme, un séquenceur, un clavier et un huit-pistes, le jeune homme s'était piqué de faire de la musique son métier. C'était en 1989. En 1993 il montait un premier projet, Antihouse (joli nom de groupe, ça), qui sortit un album en 1994. Après ça, ça devient n'importe quoi. Jimmy Tamborello ne tient pas en place une seconde... Dntel naît à cette époque. Mais Jimmy est aussi bassiste pour un groupe qui s'appelle Strictly Ballroom. Il collabore occasionnellement aussi avec un autre combo, Headset. Oui, l'homme est dur à suivre. Mais comme Dntel, c'est son petit projet à lui, il travaille d'arrache-pied mais ça prend du temps tous ces groupes... D'autant plus que Jimmy se met en tête de créer un nouveau groupe, Figurine, un trio (dans lequel il prend le pseudo de James Figurine), qui sort un album en 1999. Forcément, ça n'arrange rien en ce qui concerne la discographie de Dntel qui avance à la vitesse d'une tortue sous Prozac. Mais bon, en s'accrochant, Tamborello réussit à sortir un premier album de Dntel en 2001 . Et puis un deuxième Figurine la même année, tiens, soyons fous. Et puis, tiens, pendant qu'on y est et puisqu'il a des boucles qui traînent dans un coin de son séquenceur, il décide de sortir un album solo sous le nom de James Figurine à peu près à la même époque (faut pas gâcher), vous savez, James Figurine, son alias de lui de quand il fait de la musique avec Figurine entre deux sessions d'enregistrements pour Dntel et les bières à boire avec Ben Gibbard de pour décider de ce que sera The Postal Service.
Ah oui parce que j'ai oublié de vous dire ça. Sur ce premier album de Dntel, on retrouvait déjà une pléiade d'invités parmi lesquels un nommé Ben Gibbard, leader des ci-devant Death Cab For Cutie. Les hommes sympathisèrent et que pensez-vous qu'il advint. Ben oui, les deux hommes fondèrent un nouveau groupe, The Postal Service. Parce que Jimmy n'avait pas assez de boulot comme ça.
Bon, jusque là c'est clair, je pense, non ? Eh bien j'ai bien l'intention de m'arrêter là. Il y aura d'autres albums de l'une ou l'autre de ces incarnations mais la démonstration se suffit à elle-même : Jimmy Tamborello ne tient pas en place. La moindre occasion est bonne pour lancer un nouveau projet. Et on vient à se demander si c'est l'agitation frénétique d'un désespéré qui tente de se noyer dans le travail et la musique ou si c'est tout bonnement un petit génie habité de tant d'idées qu'il a besoin sans cesse de créer du nouveau... Vu de l'extérieur en tout cas, il fait un bien beau barjot...

Voilà donc pour le portrait de James Scott Tamborello. Son disque maintenant...

Ah. Zut. Plus de place. Et plus de temps. Je dois mettre à jour Covers et réécouter le prochain album que j'ai l'intention de chroniquer pour Dans le Mur du Son...
Ah oui et il y a cette commande pour Mariaque, aussi...
Ah oui, et... ah non, rien d'autre.

Et si je réactivais le Tralala Club ?

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question de rapidité du jour (1 pt)
: de qui cette partie de visage ? --> bonne réponse d'Indie-Boy

lundi 27 avril 2009

535. DJ SHADOW : Endtroducing...

* * *
mo'wax - 1996
site officiel
1er album sur 4 (le quatrième doit sortir courant 2009)
produit par DJ Shadow
usa


1996 :

-Dis, t'as acheté l'album de DJ Shadow ?

-Ouais. Je te prie de croire que je regrette, d'ailleurs. Ils commencent à me saoûler ces journalistes qui font le jeu des maisons de disques en nous disant monts et merveilles du moindre type qui pond un disque un peu original.

-Ah ouais, c'est pas bien ?

- C'est pas ça. C'est que ça fait un mois qu'il n'y en a que pour Dj Shadow et son hip-hop révolutionnaire. ils nous vendent ça comme le Hendrix du sampler. Remarque c'est vrai que le gars est doué pour faire, à base de vinyles tout vieux tout pourris, des collages sonores qui tiennent la route et qui sont même parfois pas inintéressants. Mais bon, ça reste un mec qui fait de la musique avec des machines comme si moi je dessinais la cathédrale de Chartres avec des miettes de pain à la fin du repas, tu vois. Forcément ça ressemble que de loin à l'original. Ben DJ Shadow, si tu veux, c'est ça. De loin, ça ressemble à de la musique. Mais c'est que des miettes de zik les unes à côté des autres. Parfois ça fait beau, mais ça reste des miettes.
Alors bon, tout le monde tombe en pâmoison devant ce disque... je veux bien que l'actualité musicale soit pas folichonne ces temps-ci, mais les mecs, ils sont quand même sacrément en manque à ce niveau là. C'est que du hip-hop bien foutu, rien de plus.

- Ben ceux qui aiment le hip-hop, c'est normal que ça les botte, non ?

-Ouais bien sûr mais que les gratte-papiers de la presse rock ne viennent pas nous raconter que ce disque est l'avenir de la musique. Le rock est pas mort à ce point-là, non ? Il n'y a plus de jeunes qui ont envie de se réunir à quatre dans un garage pour casser les couilles à tout le voisinage ? On va être obligé de faire de la musique comme on se branle maintenant ? Tout seul dans sa piaule d'ado ? Putain, j'préfère me mettre à écouter du jazz...

- Ah ben à propos de jazz, t'aimes bien l'album de St Germain qu'est sorti l'année dernière ?

- ...
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question par mail du jour (jusqu'à 22h34)(1 pt)
: de quelle chanson est-ce l'introduction et chantée par qui ? --> bonne réponse d'Erwan, Dragibus, KillMeSarah, Davnat et Mariaque : Wave of Mutilation de Pixies ici reprise par Grant Lee Phillips.

mercredi 15 avril 2009

534. DIVISION OF LAURA LEE : Das Not Compute

* * * * 1/2
burning hearts records - 2004
myspace
3ème album sur 4
produit par Kalle Gustafsson Jerneholm
unique concert français le 24 mai 2009 à Paris (à la Scène Bastille)
suède

Il y a 45 ans jour pour jour, le 16 avril 1964, le premier album des Rolling Stones sortait. C'est effrayant. Être un spécialiste du rock aujourd'hui c'est connaître un demi-siècle d'histoire. Effrayant mais passionnant. Car cette histoire est jalonnée d'artistes novateurs, de naissances de ramifications nouvelles, de métissages audacieux... Le parcours du mélomane moderne est plein de ces découvertes de disques qui semblent révolutionner leur genre, repoussant toujours les limites à force d'innovations technologiques ou à grand renfort d'imagination et d'inventivité. Mais il serait abusif d'écrire que la vie du mélomane moderne ne consiste qu'en une recherche obstinée de ces fleurons. Car le rock, s'il est une machine constamment en progrès, qui passe son temps à se renouveler, est avant tout une terrible machine à émotions... Et l'émotion et le progrès, ça fait deux. Il arrive que le mélomane moderne croise la route d'un disque dans la plus pure tradition rock. Sans aucun ingrédient nouveau. Sans originalité. Comme ce disque des suèdois de Division of Laura Lee.
Ici le rock est joué dans le même esprit d'urgence qui habita les premiers enregistrement du genre. On enferme dans un local un guitariste, un bassiste, un batteur et un chanteur, tous furieusement romantiques et désillusionnés, et on laisse mijoter jusqu'à implosion. On enregistre à ce moment là et on obtient un putain de disque rock. Du même tonneau que ceux de Black Rebel Motorcycle Club, par exemple. Du rock avec oeillères. La tête contre le mur. Le regard perdu dans les lacets. La mèche grasse dans les yeux. Et toujours un bouquin de Camus ou Sartre perdu sur l'un ou l'autre des amplis.
Ce rock me parle. Primal mais suffisamment réfléchi pour ne pas devenir n'importe quoi. C'est la musique du désespoir poli. La bande-son de la vie de ceux qui n'en peuvent plus mais n'osent pas le faire savoir. Ou alors bien enfermés dans une cave, protégés du monde extérieur par des murs de larsen bien plus efficaces que mille murs de béton.
Un album dont on préfèrera nettement écouter la première moitié, idéal pour conduire trop vite sur une autoroute. Si possible en fermant les yeux...

PS : écoutable en intégralité ici
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question de rapidité
du jour
(1 pt) : qui est-ce ? --> bonne réponse d'Indie-Boy

mardi 14 avril 2009

533. DIVING WITH ANDY : s/t

* * * *
harmonia mundi - 2006
1er album sur 2 (nouvel album sorti "digitalement" la semaine dernière)
10 titres, 31 minutes
france

Pas de bol pour ce trio français, je dois écrire quelques lignes sur leur premier album après m'être tapé deux semaines de discographie de The Divine Comedy, autrement dit deux semaines de cordes chantilly-esques et de mélodies pop bouffies de musicalité. Inutile de dire que j'aurais préféré enchaîner avec un album de punk bien brut, de folk rêche ou de disco-pop bien synthétique.
Mais les hasards ordralphabétiques ont voulu que Diving With Andy succède à Neil Hannon et la conséquence est cruelle pour les frenchies.
Naviguant dans les mêmes eaux pop et orchestrales, ils souffrent inévitablement de la comparaison et participent involontairement à la saturation : des maux de tête me prennent à la simple évocation des premiers violons ou d'une section d'altos.

Il m'appartient cependant d'écouter cet album en faisant fi de ma nausée. Pour lui et ses qualités propres.
Et pour être tout à fait honnête, j'ai trouvé que ses qualités l'étaient un peu trop... propres.
Certes, tout ici est joli, confortable. Certains morceaux sont même fort beaux. Ceux, notamment, accordant une importance égale aux cordes et aux instruments électriques sont particulièrement réussis.
Mais l'impression dominante à la sortie de cette demi-heure d'écoute, c'est que cette musique est trop polie, trop sage. Les cordes sont belles mais on aurait préféré qu'elles accompagnent une musique plus brutes plutôt que d'en être la composante principale, le fond de sauce...
Je n'ai pas encore écouté le second album qui est disponible depuis une semaine sur les plate-formes de téléchargement légal. J'espère simplement que la balance y sera rectifiée en faveur d'instruments plus rocks sans que le groupe abandonne cependant l'ornementation de cordes qui fait son charme et son identité (car ce groupe, s'il manque de caractère, possède en revanche une vraie identité sonore).

Un dernier mot pour évoquer la voix de la chanteuse. Elle me fait régulièrement penser à ces chanteuses de pop suédoises (Nina Persson en tête). Pas une grande voix. Peu de coffre et de technique. Mais cette agréable sensation de s'entendre susurrer de jolies mélodies par une "girl next door". Pas une grande voix, donc, mais une bonne chanteuse. Et qui nous change, elle, enfin des adorables rodomontades du Sieur Hannon...

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question de rapidité
du jour
(2 pts) : quel rapport entre cette photo et l'album du jour ? (ceci vous aidera peut-être) --> bonne réponse de Mariaque

lundi 13 avril 2009

532. THE DIVINE COMEDY : Absent Friends

* * *
parlophone - 2004
8ème album sur 9
11 titres, 46 minutes
un featuring accordéonesque de Yann Tiersen
produit par Neil Hannon et Nigel Godrich
irlande

Il aura fallu une écoute forcenée de la discographie de The Divine Comedy pour qu'émerge enfin dans ma petite cervelle une théorie concernant ce groupe.
OK, Neil Hannon est le cerveau du groupe. Plus encore que cela, même, The Divine Comedy est l'alias artistique de Neil Hannon et n'existe en tant que projet artistique que dans son cerveau.
L'homme s'entoure certes fort bien (les arrangement du fidèle Jody Talbot) mais il n'y a rien à faire, The Divine Comedy, c'est Neil Hannon qui nous raconte sa vie, ses fantasmes, qui se rêve en chanteur de charme. Or Neil est doué. Très doué. Et artistiquement ambitieux. Très aussi.
Sur les pochettes de ses albums, on ne voit que lui. Dans toutes les positions, tous les déguisements. Mais c'est toujours lui.
C'est sûrement ce qui finit par agacer chez The Divine Comedy. On ne sort jamais d'une relation duelle avec Neil Hannon en écoutant ses disques. Et ça finit par être oppressant. La claustrophobie s'installe progressivement. Comme d'avoir un meilleur ami qui n'aime parler que de lui. Aussi talentueux soit-il dans l'exercice, son narcissisme et sa mégalomanie finissent par lasser.
Il est d'ailleurs particulièrement révélateur que Regeneration, le précédent album, soit le préféré de ceux qui n'aiment pas Neil Hannon. Il avait été conçu par un groupe plus que par Neil Hannon seul. Un producteur extérieur avait une grande responsabilité dans l'identité sonore de l'album (Nigel Godrich) et, pour une fois, Neil n'apparaissait pas sur la pochette.
De là à dire que The Divine Comedy commence à intéresser quand Neil Hannon partage son jouet avec d'autres...

En ce qui concerne cet Absent Friends, pas grand chose à dire. Neil reprend les rênes. Finies les années d'ouverture. Et The Divine Comedy sort presque un album où il s'auto-parodie. Les mélodies ressemblent, en moins bonnes, à ce qui a été fait avant. Les cordes sont moins belles. Elles semblent jouées par un orchestre fatigué. Tout ça sent le manque d'inspiration et l'impossibilité à se renouveler.

En 2004, il aurait fallu qu'un ami puisse dire à Neil Hannon qu'il fallait passer à autre chose. Dissoudre ce groupe et se lancer dans une carrière solo acoustique ou créer un groupe de rock basique. N'importe quoi mais changer.
Mais pour ça il aurait fallu que Neil le laisse parler. Mais non, Hannon était bien trop occupé à parler de lui...


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question de rapidité
du jour
(1 pt) : aujourd'hui, une petite pochette muette à identifier. (indice : l'album porte le nom d'un spécialiste de l'évasion) --> bonne réponse d'Indie-Boy : "Long Fin Killie - Houdini" (dans les commentaires du post sur Diving With Andy)

vendredi 10 avril 2009

531. THE DIVINE COMEDY : Regeneration

* * * * 1/2
parlophone - 2001
7ème album sur 9
11 titres, 50 minutes
produit par Nigel Godrich
irlande

Je ne savais pas, en débutant ce blog, que réécouter consciencieusement ma discothèque ainsi m'amènerait à modifier le regard que je porte sur certains artistes.
Neil Hannon, dont vous devez avoir assez que je vous rebatte les oreilles depuis tant de posts, est de ceux-là.

Je m'étais fâché avec la discographie de l'irlandais depuis la sortie de Fin de Siècle. J'avais distraitement parcouru ce Regeneration puis à peine écouté les suivants.
Mais je m'aperçois aujourd'hui que, plus que la fâcherie, c'était la lassitude qui nous avait éloignés, Neil et moi.
Car en réécoutant tous les albums de The Divine Comedy un par un, je constate jusqu'ici que pas un n'est mauvais ni même légèrement moins bon que les autres.

Neil Hannon, à l'aube du 21ème siècle, en a eu, autant que ses fans, assez du pompeux et du grandiose. En eut-il réellement marre ou fatigua-t-il qu'on lui reprochât ? Peu importe, le résultat est là : Regeneration a été composé à la guitare acoustique, le groupe qui accompagne Neil est intervenu plus tôt que d'habitude dans le processus de création et la production de Nigel Godrich (oui, le gourou de Radiohead) allège la sauce. Le changement est assez radical quand on s'est enfilé les écoutes des deux ou trois albums précédents et ça fait du bien de ressentir que Neil Hannon a décentré le groupe de sa petite personne. Le disque n'en est que plus aéré, musicalement plus nerveux, dynamique, moins gloubiboulguesque...

Et contrairement à ce que j'annonçais hier, je me retrouve, une fois encore, à vous recommander chaudement un album de The Divine Comedy. Et je dois même commencer à reconnaître que j'ai eu tort de délaisser les disques de l'ami Neil.
Je me prépare même à écouter les deux albums suivants et à les trouver géniaux.
En attendant, il y a ici une bonne palanquée de morceaux que je me repasse en boucle depuis deux jours (la première moitié du disque est ahurissante de génie mélodique, à l'image de ce Note To Self).

Et je m'auto-félicite d'avoir eu l'idée de ce blog. Il me permet de corriger des erreurs de jugements passées et de ne plus passer à côté de disques qui, finalement, valaient sacrément la peine qu'on les acquière...


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question de rapidité
du jour
(1 pt) : Nous venons de commémorer le quinzième anniversaire de la disparition de Kurt Cobain... petite question de circonstance, donc... Qui a dit en 1994 ? : "Nous allions travailler ensemble sur un album. Kurt allait venir à Atlanta pour enregistrer avec moi (...) Les semaines qui ont précédé sa mort, j'étais très proche de lui. Pas physiquement, mais au téléphone, chaque jour. Et puis quand il a disparu, quelques jours avant son suicide, on m'a téléphoné pour me le dire. Alors j'ai tenté de le retrouver, moi aussi. On l'a cherché partout. Ensuite, il n'y avait plus qu'à attendre un coup de fil, en espérant que les nouvelles soient bonnes. Et les nouvelles n'ont pas été bonnes." --> bonne réponse de Dragibus

mercredi 8 avril 2009

530. THE DIVINE COMEDY : Fin De Siècle

* * * * 1/2
(pochette ***)
setanta - 1998
6ème album sur 9
10 titres, 46 minutes
produit par Jon Jacobs
irlande

Fin de Siècle marque le début de ma rupture avec The Divine Comedy. C'est le disque qui m'a ouvert les yeux. Finie la phase d'idéalisation où toutes les excuses étaient bonnes pour trouver en toutes circonstances du génie à Neil Hannon. Fin de Siècle fut le premier album du groupe qui me déçut à sa sortie. Parce que le petit farfadet irlandais (qui, tout de même, sortait son 6ème album à 28 ans !! On oublie souvent à quel point le talent de l'homme fut précoce...) creusait un sillon qui nous semblait devenir une ornière et qu'on avait le sentiment de le voir petit à petit se perdre dans une musique trop grande pour lui.
C'est en tout cas ce que je pensais il y a dix ans en découvrant cet album que je qualifiai alors de lourdingue et pompeux et que j'abandonnai assez vite sur l'étagère des lettres D et E à son triste et poussiéreux sort.
Puis quelques petits hasards m'ont ramené vers lui. Un live dans une célèbre émission de la BBC (le nom m'échappe, merci d'éclairer ma lanterne : il s'agit de cette émission où les groupes sont installés sur des scènes en cercle, le public autour et le présentateur, également pianiste, au milieu --> Later With Jools Holland, merci à Dr Strangelove !!) où je redécouvrais National Express puis une écoute sur FIP de The Certainty Of Chance et, là aussi, la redécouverte d'un titre fabuleux (notamment dans son dernier quart instrumental).
Depuis dix ans, je ne cesse de réévaluer à la hausse cet album. Certes certaines chansons me semblent toujours mélodiquement inintéressantes (Eric The Gardener et Life On Earth, surtout) mais l'ensemble vaut tout de même son bon pesant de cacahuètes. En réécoutant aujourd'hui Fin de Siècle j'ai même cru déceler du Danny Elfman en Sweden...
Historiquement donc, ce disque est le début d'un désamour. Pourtant, il est le dernier album du groupe sur lequel j'ai très envie d'attirer encore votre attention.
Et à partir de demain, promis, j'arrête de dire du bien de The Divine Comedy...


question de rapidité
du jour
(1 pt) : Qui a dit : "Mon père a influencé ma vie mais pas ma musique. Je n'ai jamais vraiment écouté ses disques par plaisir, je les ai simplement observés. Me comparer à lui, c'est une facilité que je comprends : la précision et la justesse d'analyse ne pèsent pas lourd face aux raccourcis approximatifs. Moi, je sais que ce n'est pas vrai. Mais je ne peux rien lui reprocher à lui, il n'y est pour rien. J'en ai assez de voir ces vieux hippies venir à ma rencontre en espérant retrouver mon père. Je vais forcément les décevoir." ? --> bonne réponse de Sonic Eric

mardi 7 avril 2009

529. THE DIVINE COMEDY : A Short Album About Love

* * * * * *
(pochette ***)
setanta - 1997
5ème album sur 9
7 titres, 32 minutes
album sorti le jour de la St Valentin
produit par Jon Jacobs
irlande

Il y a très exactement 92 ans, le 7 avril 1917, Panama déclarait la guerre à l'Allemagne.

1997 : un journaliste peu inspiré ou mal luné (ou tout simplement méchant) de la revue Magic attribue une note de zéro à ce mini-album de The Divine Comedy. Je n'ai pas retrouvé la chronique en question dans mes archives (le carton antérieur à 1999 s'est sûrement égaré dans un déménagement) mais je garde le souvenir distinct d'un assez court texte fielleux, assassin et surtout incroyablement injuste. Sur le site dudit journal, d'ailleurs, la chronique de ce disque a été remplacée par un autre texte, plus nuancé (je peux me tromper, ma mémoire me joue parfois des tours).

Ce disque, à mon sens, est pourtant ce que Neil Hannon aura produit de plus sensible, abouti et équilibré. Un disque court (un pressage du disque propose 4 titres bonus dont deux reprises de Magnetic Fields et Bacharach) mais parfait, lyrique sans être lourd, ambitieux sans être prétentieux.
Je conçois qu'on puisse ne pas l'aimer mais le descendre comme le fit ce journaliste à l'époque frise l'irresponsabilité. Heureusement, The Divine Comedy a des fans moins sourds que certains auto-proclamés "spécialistes" et les lecteurs de Magic ont appris à se méfier de certains avis trop tranchés. Le disque a eu, je crois, le succès (au moins d'estime) qu'il méritait.

Et cette chronique de 1997 n'a finalement pas eu beaucoup plus d'importance dans l'histoire de la musique pop qu'une déclaration de guerre de Panama à l'Allemagne dans celle des tourmentes du siècle passé.



question de rapidité du jour
(1 pt) : de quel groupe a-t-on dit en 1990 qu'ils "étaient tout ce que les Beastie Boys auraient voulu être" ? --> bonne réponse de Lyle : les Happy Mondays (On a le droit de ne pas être d'accord avec cette phrase. C'est mon cas)

vendredi 27 mars 2009

Pas De Nouvelles, Mauvaises Nouvelles

Vous l'aurez sûrement deviné, je suis atteint, concernant ce blog, d'un gros coup de blues. Je me sens arrivé à saturation du principe de l'énumération. Je me rends compte que je ne trouve plus de mots un peu originaux pour parler des disques et que je finis par répéter toujours les mêmes phrases.
Donc, ça m'intéresse de moins en moins. D'autant plus que j'écoute de moins en moins de musique ces temps-ci.
Le blog est donc pour l'instant placé en coma artificiel. Jusqu'à ce que le moral et/ou l'envie d'écrire reprennent le dessus.

Je suis sincèrement désolé pour ceux qui pouvaient encore s'intéresser à mes élucubrations ou qui guettaient leur dose de jeu quotidienne.

Par ici la sortie.