jeudi 2 septembre 2010

608. THE ELECTED : Me First


* * * 1/2
sub pop - 2004
1er album sur 2
produit par le groupe (un titre produit par Jimmy Tamborello)
usa (Los Angeles)

Il va bien falloir qu'on fasse quelque chose pour réhabiliter les albums moyens. De tous côtés, la mode est à l'échange de playlists et de bons plans. Partout fleurissent les conseils sous forme de listes des meilleurs albums de l'année, de la décennie, de l'histoire, de tel genre ou tel autre. Certains rigolos perdent même leur temps à dresser des listes des pires disques.
Il ne se trouve pas un original pour s'atteler au recensement de tous ces disques que personne ne déteste et que personne ne vénère. Tous ces disques qui ne sont ni mauvais ni bons, ou qui sont bons sans être remarqués à cause de leur nature passe-partout. On comprend d'ailleurs que personne n'ait envie de s'y coller tant le défi semble impossible et ingrat à relever, du genre compter les grains de sable d'une plage pendant que les autres en ramassent les plus beaux coquillages.
C'est que nous finissons par prendre de mauvaises habitudes à ne plus dresser l'oreille que lorsqu'elle rencontre un son nouveau ou une mélodie facilement gracile. Nous écoutons tant et tant de disques que nous finissons par en confondre un bon tas. Telle nouveauté sonne exactement comme telle vieillerie et nous considérons presque que  nous connaissons l'album et que nous n'avons pas même besoin  de l'écouter.
Ainsi ce premier album de The Elected. Un son banal, un genre qui propose son wagon de nouveautés chaque mois (l'indie-pop country US) et nous oublions instantanément qu'il y a derrière cette banalité un auteur. Un type qui a transpiré sous le soleil californien pour composer des chansons qui tiennent debout. Un groupe qui a répété encore et encore pour peaufiner ce son banal et pour apprendre à jouer ensemble.   Un groupe qui s'est réuni en studio et qui a ramé pour produire lui-même son disque. Des individus qui ont débattu, se sont engueulés peut-être pour arrêter des choix d'arrangement, de production, pour enfin proposer un "produit" fini de qualité.
Derrière chaque disque moyen, il y a un ou des hommes. Moyens. Mais qui aiment la musique au point de décider de partager la leur avec nous. Rien que pour cette raison, il faudrait donc bien trouver le moyen de réhabiliter les disques médiocres et d'arrêter de ne se laisser séduire que par les originaux et les modernistes. La mer ça n'est pas que l'écume et les déferlantes. C'est aussi de l'eau, de l'eau, de l'eau... 
Il est parfois bon de se (re)noyer dans des oeuvres quelconques afin de ne pas oublier que l'art est à tout le monde et n'appartient pas qu'aux génies.


le myspace du groupe

11 commentaires:

mmarsupilami a dit…

C'est moyen comme article!
:-D

coolbeans a dit…

Il y a donc un homme derrière... :-)

davnat a dit…

Ouais alors là, le coup de l'homme derrière l'œuvre, m'est avis que c'est la mort de la critique. Un disque moyen, c'est un disque moyen et tant pis pour celui qui se cache derrière, il n'a qu'à repasser son BEP de tourneur fraiseur. En revanche, il est de salubrité publique que tu en parles et que tu dises haut et fort qu'il n'a pas sa place dans toute discothèque de haut vol.

coolbeans a dit…

"le coup de l'homme derrière l'œuvre, m'est avis que c'est la mort de la critique" > oui, et justement.
Est-ce indispensable de critiquer un disque ? Quand un type te dit bonjour, tu as le droit d'entendre son salut sans te demander si c'est le plus beau que tu aies entendu dans le mois...

davnat a dit…

Critiquer, c'est donner son avis (forcément subjectif) sur une œuvre d'art. Quand un type me dit bonjour, il ne devient pas artiste pour autant. Il utilise une formule de politesse plus ou moins sincère. Les disques, les livres, les films... ne sont pas, à mon avis, des formules de politesse, ni même des "objets gentils" n'en déplaise à Luc Besson.
Et puis ta mauvaise foi n'a d'égal que ton talent d'écriture, parce que quand tu dis d'un album qu'il est moyen, tu ne fais rien d'autre que le critiquer...

coolbeans a dit…

Pas faux. ;-)

Dahu Clipperton a dit…

Comme je ne l'ai pas dit sous l'article d'hier, ravi de ton retour ! (surtout que j'avais ramené mes guêtres par ici quelques jours avant que tu n'entames cette longue (?) pause...)

J'aime beaucoup votre échange avec Davnat, je n'irai pas jusqu'à dire qu'il est génial, mais il est tout de même bien au-dessus de la "moyenne" ;D

N'empêche, cette histoire d'albums moyens, c'est un truc qui me turlupine quelque peu... Je me suis plusieurs fois fait la réflexion : je découvre ou j'approfondis dans un style ou un genre donné, je me renseigne, consulte des discographies, des chroniques, des articles... et au final, je n'écoute "que" les chefs d'oeuvre ou (très) bons albums, j'ai déjà trié au préalable, évitant le mauvais, le médiocre, et le moyen (ah ben tiens^^).

Du coup, est-ce bien raisonnable ?

coolbeans a dit…

Nous y voilà. L'essence d'un genre est-elle dans ses chefs d'oeuvre ou dans ses albums moyens ?
Par définition, le chef d'oeuvre, c'est la quintessence et non l'essence.

-Twist- a dit…

Moi j'aime bien les albums moyens qui ont du mal à dépasser deux écoutes successives mais qui font toujours du bien, comme ca, au débotté.

-Twist- a dit…

D'ailleurs, plus que moyen, ne pourrait on pas parler d'albums "mineurs"?

The Civil Servant a dit…

Il est très bien de parler des choses moyennes.
D'ailleurs, hier encore, moi-même, je m'en fus manger dans un resto japonais.
Et bien c'était moyen, nippon, ni mauvais.
OK je sors...